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Retour aux actualités 19 mai 2017 - Interview

Clément Venturini : « Je ne vais pas m’arrêter là »

Clément Venturini a remporté les 4 jours de Dunkerque

Clément Venturini a réalisé une très grosse performance, dimanche dernier, en s’imposant sur nos terres lors des 4 Jours de Dunkerque. Notre jeune coureur (23 ans) est revenu avec nous sur cette performance. Notre champion de France de cyclocross, en janvier dernier, s’est également livré sur la suite de sa saison, ses futurs objectifs et son adaptation dans l’équipe.

Clément, tout d’abord félicitations pour cette victoire sur les 4 Jours de Dunkerque. Est-ce que tu commences à réaliser 5 jours après ta performance ?

Clément Venturini : J’ai été très, très sollicité par les médias (rires). Cela m’a permis de voir que c’était quand même une course très importante ! J’ai gagné une belle course à étapes qui est réputée en France. Des courses de 6 jours, il n’y en a pas énormément sur le circuit. Après mon point fort, c’est de passer très vite à autre chose. Je ne vais pas m’arrêter là-dessus. J’ai déjà la tête tournée vers d’autres courses.

Clément après son sacre sur les 4 Jours de Dunkerque.

Tu repars avec 3 maillots distinctifs (rose, blanc et vert). As-tu trouvé de la place pour les mettre chez toi ?

On trouve toujours de la place pour des maillots comme ça ! Pour des médailles de vice-champion de France (en 2015 lors des championnats de France de cyclo-cross), c’est plus compliqué de les accrocher mais quand on gagne, je me débrouille toujours.

Comment as-tu vécu cette semaine un peu folle ?

On est passé un peu par toutes les émotions. Il ne faut pas se voiler la face, nous n’avons pas commencé comme nous le souhaitions. Et puis, on termine en beauté. C’était une semaine très intense avec une très belle victoire collective. Certes, c’est moi qui ramène le maillot mais toute l’équipe a su m’épauler sur cette fin des 4 Jours. Tout le monde peut être fier d’avoir contribué à cette réussite. Sur le point personnel, je sens que j’ai franchi un cap cette année. C’était difficile de le traduire en performance. Lorsque j’étais avec Nacer, j’avais un rôle de coéquipier pour rouler et revenir sur les échappés. Pour récolter, il faut également savoir semer. C’est ce que j’ai fait au mois d’avril. J’étais un peu frustré car on avait de bonnes jambes mais on ne gagnait pas comme sur le Circuit de la Sarthe (deux podiums). C’est un peu un soulagement cette victoire ! Cela va me permettre d’acquérir encore un peu plus la confiance de toute l’équipe.

Quelle image vas-tu garder de cette victoire dans 10-15 ans ?

Mon plus beau souvenir sera l’étape de Cassel. C’était une journée éprouvante. Être présent dans les derniers kilomètres pour jouer la gagne, c’est quand même extraordinaire. Entendre Florian (Sénéchal) qui me hurle dans l’oreillette que Sylvain Chavanel a craqué. C’est un moment, Sylvain n’est pas n’importe qui. Pour la petite anecdote, au départ fictif de la première étape à Dunkerque, Sylvain m’a dit qu’il avait gagné les 4 Jours pour la première fois à 22 ans. Dans ma tête, je me suis dit « Ah oui 22 ans ». J’en ai 23 et lui il avait déjà gagné. Et puis le dernier jour, il me l’a rappelé  et c’était assez drôle.

Clément, après son étape de Cassel.

(crédit : Flooore Bqt)

Quels sont tes prochaines courses et tes prochains objectifs ?

Je serai sur le week-end en Bretagne avec le GP de Plumelec et les Boucles de l’Aulne (27 et 28 mai). J’enchainerai ensuite avec les Boucles de la Mayenne (du 1er au 4 juin). C’est des courses qui me plaisent et je vais prendre le départ à chaque fois pour gagner. Je pense que je vais être aussi un peu plus attendu mais cela ne changera pas ma manière de me comporter.  Il y aura aussi Julien Simon et je sais que c’est des courses qu’il affectionne. Il faut bien relativiser. Ce n’est pas grâce à cette victoire sur les 4 Jours que je vais être ensuite protégé sur toutes les courses. J’ai bien la tête sur les épaules. S’il y a un coup tactique à faire avec Julien, je serais le premier à lui permettre de gagner la course.

Penses-tu effectuer un grand tour cette année ?

Je ne serai pas sur le Tour de France c’est une certitude. J’en ai parlé avec Yvon et Vincent. La Vuelta pourrait être une belle étape dans ma carrière. Je pense être capable de pouvoir faire 3 semaines d’effort même si je n’ai jamais fait une saison de route complète. On verra avec le staff un peu plus tard. Si je fais la Vuelta, ce sera une super expérience. Si je ne la fais pas, j’aurais l’occasion d’y participer plus tard.

Clément Venturini

Comment as-tu réussi à faire une transition si rapide entre le cyclo-cross et la route ?

Comme toutes les années, j’ai coupé pendant trois semaines et j’ai remis en route assez rapidement. Je m’oriente de plus en plus vers des saisons de route avec moins de cyclo-cross. Je devrais faire la saison de route classique qui finira au mois de septembre ou octobre. Je verrai ensuite comment je vais gérer le cyclo-cross. Une chose est sûre, je défendrai mon titre de champion de France.

Tu as une préparation complètement différente que le reste de l’équipe. Comment cela se passe-t-il pour toi dans l’équipe ?

Quand j’arrive au mois de Mars, ils ont déjà fait un ou deux mois de saison. Lors des stages de préparation, mes coéquipiers sont en reprise et moi je suis déjà à fond. J’ai des entrainements différents mais je partage certaines sorties quand même avec eux. C’est une intégration dans l’équipe un peu spéciale. J’essaye de vivre le maximum de choses avec eux. Sur les autres saisons, j’étais vraiment peu présent. Cela est en train de changer. Je suis content d’apporter cette victoire à l’équipe, chez nous dans le Nord de la France. Tout le staff était derrière moi et cela m’a donné des forces supplémentaires.

Dans 10 ans, quelle course souhaiterais-tu avoir à ton palmarès ?

J’aimerais déjà en avoir le maximum possible. Une carrière réussie est une carrière bien remplie en victoire avec de belles émotions. Le choix est difficile à faire mais j’aimerais vraiment m’imposer sur une étape d’un grand Tour. Après, le Grand Prix de Plouay et ce genre de classique sont aussi très prestigieuses. Je préfère en avoir plusieurs à mon palmarès plutôt qu’une spécifique.